Petitclerc_MartinMartin Petitclerc

Professeur, UQAM
Ph.D. Histoire (UQAM)

Département d'histoire
Université du Québec à Montréal
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Montréal (Québec) H3C 3P8

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Champs de spécialisation

  • Histoire de l’association et de la citoyenneté
  • Histoire de l’économie sociale et des politiques sociales
  • Histoire de la classe ouvrière et des mouvements sociaux
  • Histoire du risque et de l’assurance

   

Principales réalisations

  • « Notre maître le passé ? Le projet critique de l’histoire sociale et l’émergence d’une nouvelle sensibilité historique », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 63, no 1, 2010, p.83-113.

Cet article analyse les grandes tendances de l’histoire sociale depuis les 50 dernières années et explore les présupposés d’une nouvelle histoire des idées qui se définit contre les principaux postulats de l’histoire sociale. Alors qu’une bonne partie de l’historiographie récente insiste sur l’autonomie des idées et de la culture, cet article propose de renouer avec les fondements d’une histoire sociale centrée sur les conflits sociaux et, plus largement, préoccupée par la grande question du changement social.

  • « Le paternalisme industriel et la gestion des risques sociaux au Québec. Le cas de la Montreal Tramways Company au début du XXe siècle », dans B. Caulier et Y. Rousseau (dir.), Temps, espace et modernités: mélanges offerts à S. Courville et N. Séguin, Québec, PUL, 2008, p.475-485.

Cet article explore un aspect complètement négligé par l’historiographie québécoise, soit le développement des programmes de protection sociale à l’intérieur de la grande entreprise. L’article démontre l’importance quotidienne des enjeux de la protection sociale dans les relations entre les patrons et les ouvriers. Plus qu’un simple « salaire indirect », la protection sociale est étroitement liée aux visions de la solidarité qui opposent l’employeur et ses employés. 

  • « Nous protégeons l’infortune ». Les origines populaires de l’économie sociale au Québec, Montréal, VLB éditeur, 2007, 278 p.

Il s'agit d'une étude qui aborde, pour la première fois au Québec, les origines de l'économie sociale, par le biais d’une analyse fine des premières assurances populaires administrées par les associations ouvrières de secours mutuels. Cette étude apporte une contribution significative à plusieurs enjeux historiographiques importants, l'histoire de la pauvreté et de l’assistance, de la citoyenneté et de la culture civique, du syndicalisme et de la formation de la classe ouvrière, de l'Église et de la culture religieuse, de la protection sociale et le développement de l'État providence, de l'assurance et de la pénétration d'une culture de marché, de l'actuariat et de la technologie du risque. Ce livre a remporté les prestigieux Prix Lionel-Groux Fondation-Yves-St-Germain, de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, et Prix Clio-Québec, de la Société historique du Canada, pour l’année 2007. Ces prix récompensent à chaque année le meilleur ouvrage portant respectivement sur l’histoire de l’Amérique française et l’histoire du Québec.

  • « L'association qui crée une nouvelle famille : L'expérience populaire de la mutualité lors de la transition à la société de marché », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol. 59, no 3, 2006, p.259-291.

Cet article approfondit une dimension importante de mes recherches doctorales, soit la vie associative au sein de la classe ouvrière montréalaise au milieu du XIXe siècle. Alors que la culture civique est souvent présentée comme une culture bourgeoise, se transmettant progressivement aux classes populaires, cet article démontre l'inverse: c'est-à-dire l'émergence d'une culture de la démocratie associative très exigeante dès le milieu du XIXe siècle dans les milieux populaires. 

  • « De la providence à la prévoyance: les classes populaires et la société libérale au Québec », Fecteau, J-M. et al. (dir.), La régulation sociale entre l'acteur et l'institution, Montréal, PUQ, 2005, p.236-253.

Cet article explore les conflits culturels entourant la définition de la "question sociale" (extrême pauvreté, etc.) et les solutions qui devaient être privilégiées: assistance publique, charité privée, épargne, mutualité, assurance, etc.  Alors que l'historiographie a généralement considéré ces modes de prise en charge comme des innovations libérales interchangeables, j'ai montré que les ouvriers préféraient nettement les associations mutualistes, qui correspondaient davantage à leurs préoccupations égalitaristes, dénonçant du coup l'humiliation implicite à l'assistance ou la charité, de même que l'individualisme associé à l'acte personnel d'épargner ou de s'assurer.

 

Principaux projets de recherche en cours

Une économie de la rareté : la régulation sociale de la pauvreté à Montréal 1840-1921.Réponses caritatives et populaires à la vulnérabilité sociale

Projet de recherche CRSH (2006-2009). Avec Jean-Marie Fecteau (chercheur principal - UQAM), Janice Harvey (Collège Dawson), Thierry Nootens (Université de Sherbrooke) et Guy Cucumel (UQAM)

Cette recherche a pour but d’analyser les différentes réponses au problème de la pauvreté à Montréal, depuis l’Acte d’Union en 1840 jusqu’à la loi de l’assistance publique québécoise de 1921. Ces réponses sont évidemment très variées, allant des projets charitables de l’élite laïque ou religieuse aux stratégies populaires de survie. L’hypothèse de base avancée par notre équipe est que la pauvreté structurelle, les initiatives populaires pour y pallier, les modes d’assistance qui veulent y répondre, relèvent tous d’une économie de la gestion des risques sociaux spécifiques au mode de régulation libérale qui se met graduellement en place en Occident au cours de ces années.

De la prévoyance vertueuse au pouvoir du crédit. Les origines sociales de la société de consommation au Québec, 1880-1960

Projet de recherche CRSH (2006-2009). Avec Yvan Rousseau (chercheur principal - UQTR) et Sylvie Taschereau (UQTR)

Cette recherche vise à comprendre les modalités particulières de la transition, entre 1880 et 1960, d’une économie de la prévoyance vers une économie du crédit. Au tournant du XXe siècle, la prévoyance est présentée comme le fondement d’une économie saine, débarrassée des coûts énormes engendrés par le paupérisme ouvrier, alors que le recours au crédit est moralement et légalement condamné. Après 1945, un renversement à peu près complet s’opère et l’achat à crédit devient une façon courante de consommer. L’endettement personnel, jadis honni, en vient à être considéré comme un facteur essentiel du développement économique. La recherche vise plus précisément à étudier la transformation des comportements des classes populaires québécoises en matière de crédit, d’épargne et d’assurance.